Los espejos de la India

The mirrors of India

Les miroirs de l'Inde
India 2015

Preparar el equipaje es el prefacio de un viaje que, como novela por entregas, se irá escribiendo día a día, abandonados al presente. Pero, ¿qué se lleva a la India, país de diversidad confeccionada por arrebatados contrastes, donde la nota roja y el cuento de hadas suceden al mismo tiempo en el mismo escenario?

Partir de viaje es también soltar. Extrañamiento, ostranenie. Hay que sacudirse el bagaje antes de pisar la tierra de los Vedas. De preferencia empacar en su lugar un par de ojos nuevos e inquisitivos, que nos permitan observar sin expectativas, como si fuera la primera vez, y encontrar la belleza donde en ocasiones parece ocultarse; encontrar la belleza a pesar de los caprichos de la mirada y sus confortables costumbres.

Vértigo, quimera y desencanto. Porque sin cuestionamientos no hay travesía. Y la India es una odisea de espejos donde al mirar hacia afuera todo lo que vemos de alguna manera se nos regresa y nos obliga a husmear en nuestro interior. Ahí precisamente se origina otro viaje, uno más largo y quizá más auténtico e inquietante. 

Esta serie Los Espejos de la India es una suerte de retorno. Cada fotografía, es asomarnos de nuevo por la ventanilla del tren, doblar la esquina en tuk-tuk, o sentarnos en aquella banca a mirar con un par de ojos nuevos, bien despiertos, único equipaje indispensable para llevar al país de los rajás y los sadhúes, a la patria del yoga, del mango, de la música de sitar.

India 2015

Preparing the luggage is the preface to a journey that, as a serial novel, will be written day by day, abandoned to the present. But what is taken to India, a country of diversity made up of stark contrasts, where the red note and fairy tale happen at the same time on the same stage?

Leaving on a journey is also letting go. Estrangement, ostranenie. One has to shake one’s baggage before stepping on the land of the Vedas. Preferably pack in place a new and inquisitive pair of eyes, which allow us to observe without expectations, as if for the first time, and find beauty where sometimes it seems to hide; find beauty despite the whims of the gaze and its comfortable customs.

Vertigo, chimera and disenchantment. Because without questioning there is no crossing. And India is a mirror odyssey where when you look out, everything you see somehow comes back to you and forces you to snoop around inside. This is where another journey originates, one that is longer and perhaps more authentic and disturbing. 

This series The Mirrors of India is a sort of return. Every photograph, is to peek again through the window of the train, to turn the corner in tuk-tuk, or to sit on that bench to look with a new pair of eyes, well awake, only indispensable luggage to take to the country of the rajas and sadhúes, to the homeland of yoga, the mango, the sitar music.

L’Inde 2015

Préparer les bagages est la préface d’un voyage qui, en tant que roman par tranches, sera écrit jour après jour, abandonnés au présent. Mais qu’emporte-t-on en Inde, pays de diversité façonnée par des contrastes déchirants, où la note rouge et le conte de fées se succèdent en même temps sur la même scène?

Partir en voyage c’est aussi lâcher. Éloignement, ostranenie. Il faut secouer le bagage avant de marcher sur la terre des Védas. De préférence empaqueter à sa place une paire d’yeux nouveaux et curieux, qui nous permettent d’observer sans attentes, comme si c’était la première fois, et de trouver la beauté où parfois il semble se cacher; trouver la beauté malgré les caprices du regard et ses habitudes confortables.

Vertige, chimère et désenchantement. Parce que sans questionnements, il n’y a pas de traversée. Et l’Inde est une odyssée de miroirs où quand on regarde tout ce qu’on voit d’une certaine manière, on se retourne et on nous force à fouiner à l’intérieur.  C’est là que naît un autre voyage, plus long et peut-être plus authentique et inquiétant. 

Cette série Les Miroirs de l’Inde est une sorte de retour. Chaque photographie, c’est de regarder de nouveau par la fenêtre du train, tourner le coin en tuk-tuk, ou s’asseoir sur ce banc et regarder avec une paire de nouveaux yeux, bien éveillés, seul bagage indispensable pour conduire au pays des rajas et des sadhu, à la patrie du yoga, de la mangue, de la musique de sitar.